Le Conseil de sécurité des Nations unies va voter un texte qui demande le statut de membre pour la Palestine, ce qui serait une forme de reconnaissance d’un État palestinien. L’autorité palestinienne a fait cette demande le 2 avril dernier.

Pour faire passer le texte, 13 voix sont nécessaires sans aucun veto des membres permanents du Conseil qui sont les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France, la Russie et la Chine.

La semaine dernière, Riyad Mansour, l’envoyé permanent de la Palestine auprès des Nations unies a plaidé sa cause. Il a notamment rappelé que la Palestine a le statut d’observateur depuis 12 ans et qu’en 2011, une demande pour devenir membre à part entière n’a jamais donné lieu à un vote. Selon lui, un statut de membre aux Nations unies permettrait d’élargir le consensus sur la solution à deux États.

Autrement dit, cela permettrait de relancer les discussions sur l’établissement d’un État palestinien à part entière, discussions qui dorment depuis plus de 10 ans. Et ce, parce qu’Israël ne veut pas en entendre parler. Le gouvernement actuel de Benyamin Netanyahou est sans doute le plus hostile à l’idée.

Veto des États-Unis ou pas ?

Mais, de toute évidence, tout ou presque dépend de la réaction de Washington. On le rappelle, l’administration Biden a bloqué plusieurs fois une demande de cessez-le-feu à Gaza. De ce fait, le doute est permis sur son choix, lors de ce prochain vote. Israël est opposé à un tel développement et les États-Unis essaient de bloquer le texte en amont. Washington a tenté de dissuader l’administration palestinienne de relancer sa demande auprès des Nations unies. Ce fut un échec.

Depuis, le département d’État envoie des messages aux membres du Conseil de sécurité pour les appeler à ne pas voter ce statut de membre pour la Palestine. Ces messages ont été révélés par le journal en ligne The Intercept. L’argument de Washington est le suivant : cette reconnaissance risquerait d’accroître les tensions et la solution à deux États doit faire partie d’une négociation globale entre les deux parties.

Officiellement les États-Unis sont en faveur une solution à deux États. En coulisse, par contre, ils semblent mettre des obstacles à toute initiative qui pourrait forcer une relance des négociations en ce sens.

Les dés paraissent pourtant déjà jetés. Sans insinuer qu’elle utiliserait le veto, l’ambassadrice américaine aux Nations unies, Linda Thomas-Greenfield,a tout de même déclaré, mercredi, qu’elle ne voyait pas en quoi ce statut de membre à part entière aux Nations unies pourrait aider à concrétiser une solution à deux États.

Les pronostics étaient plus positifs pour la Palestine la semaine dernière, plusieurs alliés d’Israël critiquant la gestion de la guerre lancée à Gaza par Tel-Aviv. Néanmoins, l’attaque iranienne contre Israël le week-end dernier pourrait avoir changé la donne.

Le journal The Times of Israël, un média conservateur, écrit dans son édition de ce jeudi que les États-Unis opposeront leur veto si nécessaire.

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