Coline Fay, jeune Iséroise de 26 ans, est emprisonnée depuis près de deux mois au Sénégal. Son tort, avoir participé à une manifestation de soutien à Ousmane Sonko, le principal opposant de l’actuel président sénégalais Macky Sall, à Dakar, le 17 novembre dernier.
 
Poursuivie pour “association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste”, “complot contre l’autorité de l’Etat”, “acte ou manœuvre de nature à compromettre la sécurité publique”, elle risque la prison à perpétuité.
 
“On trouvait ça dingue quand elle nous parlait de personnes qui encouraient la prison à perpétuité après avoir défendu leur cause. Mais là, c’est encore plus dingue de se rendre compte que ça peut arriver à votre fille”, raconte Véronique Fay, la mère de Coline, habitante de Claix (Isère).
 
Celle-ci est, depuis peu, encore plus inquiétée par la justice sénégalaise. “Coline aurait essayé de faire passer, lors d’une visite à la prison, un courrier a priori destiné à son frère. Elle est maintenant poursuivie pour ‘suspicion de tentative de sortie irrégulière de correspondance’, ajoute Véronique Fay. D’après son avocat, elle risquerait un mois de prison ferme pour cette histoire de correspondance.”
 
Depuis son arrestation lors d’un rassemblement pacifique à Dakar, la famille de Coline tente par tous les moyens d’alerter les autorités publiques, des députés, des ministres et même le président. De nombreux courriers sont restés sans réponse : “On sait que la période ne s’y prêtait pas trop avec la fin d’année. Mais c’est une affaire politique. Nous devons montrer notre impatience pour faire bouger les choses.”
D’autant plus que depuis le 17 novembre, les proches n’ont que peu d’informations et apprennent parfois les nouvelles par voie de presse.
 
“Nous savons qu’elle a été de nouveau entendue en garde à vue. Elle fait des allers-retours avec le palais de justice où elle est entendue par le juge. On attend des nouvelles, elle pourrait être fixée sur son sort dans les prochaines heures.”
L’échéance électorale de février se rapproche au Sénégal, et nous ne savons pas comment les autorités locales vont gérer les oppositions.
 
Véronique Fay, mère de Coline
 
 
La famille se veut encore optimiste. “À chaque fois, on se dit qu’elle va sortir, qu’ils vont la renvoyer dans son pays. Mais les jours défilent, on a un compteur dans la tête. Ça fait bientôt deux mois, on ne pensait pas qu’elle serait encore emprisonnée à la mi-janvier, s’attriste Véronique Fay. L’échéance électorale de février se rapproche au Sénégal, et nous ne savons pas comment les autorités locales vont gérer les oppositions.”
 
Sur le réseau social X, son avocat, Juan Branco, également représentant d’Ousmane Sonko, a demandé aux pouvoirs publics français d’agir et appelé au rassemblement. “Cette femme sauve l’honneur du peuple français, face à l’avarie de ses dirigeants. Détenue depuis près de deux mois pour avoir réclamé pacifiquement, aux côtés d’un être aimé, que les belles paroles de nos dirigeants soient appliqués, elle encourt désormais la perpétuité pour avoir défendu les idéaux qui nous ont fondés”, écrit-il. “Coline Fay est une héroïne, et doit, comme les mille autres prisonniers politiques qui restent emprisonnés, être libérée.”
 
En soutien à la jeune fille, un rassemblement est prévu samedi 13 janvier prochain à 13 heures devant l’église Saint-Louis, rue Félix Poulat, à Grenoble.

Avec Pressafrik

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