Lundi soir, Elisabeth Borne a remis la démission de son gouvernement à Emmanuel Macron, à la demande du chef de l’Etat qui l’a acceptée, après vingt mois passés à Matignon.

Le président de la République avait promis fin décembre dans ses vœux aux Français un “nouveau cap”, peu après l’adoption par le Parlement d’une loi sur l’immigration critiquée jusque dans le camp présidentiel.

Les noms de Sébastien Lecornu, 37 ans, actuel ministre des Armées et de Julien Denormandie, 43 ans, fidèle à Emmanuel Macron, avaient circulé comme potentiels remplaçants de la deuxième femme à avoir occupé le poste de Premier ministre en France.

Mais le chef de l’Etat a préféré opter pour une personnalité politique plus en vue et appréciée des Français selon les sondages, particulièrement depuis sa nomination à l’Education nationale l’été dernier.

Engagé en politique au Parti socialiste, soutien de la première heure des ambitions élyséennes d’Emmanuel Macron, porte-parole du gouvernement puis ministre délégué chargé des Comptes publics, Gabriel Attal a été promu en juillet à l’Education, où il s’est notamment fait remarquer par des positions contre le port de l’abaya.

Sa nomination ouvre la voie à un changement de l’équipe gouvernementale visant à illustrer le “nouveau cap” voulu par le chef de l’Etat à l’approche des élections européennes du 9 juin.

Les enjeux sont aussi nationaux

Après les remous provoqués au printemps par la réforme des retraites, contestée dans la rue comme au Parlement, puis l’adoption dans la douleur en décembre d’un projet de loi sur l’immigration critiqué jusque dans le camp présidentiel, le gouvernement d’Elisabeth Borne apparaissait de plus en plus fragilisé.

Le camp d’Emmanuel Macron, qui ne dispose pas d’une majorité absolue à l’Assemblée nationale, a peiné à trouver les soutiens nécessaires pour faire passer ses réformes.

Elisabeth Borne a eu recours à 23 reprises à l’article 49-3 de la Constitution pour faire adopter sans vote les textes budgétaires, notamment.

A la tête du gouvernement, Gabriel Attal restera confronté à la même équation difficile d’une volonté élyséenne de réformer sans soutien garanti au Palais-Bourbon.

Et ce alors que les sondages donnent pour l’heure, pour les européennes, une dizaine de points d’avance au Rassemblement national (RN), finaliste des deux dernières courses à l’Elysée.

Agences

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