Suspendu à la position des Etats-Unis, le Conseil de sécurité de l’ONU doit tenter à nouveau jeudi de parler d’une seule voix, lors d’un vote plusieurs fois reporté sur une résolution destinée à accroître l’aide à la bande de Gaza.
Le Conseil, largement critiqué pour son inaction depuis le début de la guerre menée par Israël à Gaza, négocie d’arrache-pied depuis plusieurs jours ce texte porté par les Emirats arabes unis.
Le vote initialement prévu lundi a été reporté plusieurs fois, la dernière mercredi à la demande des Américains qui avaient mis leur véto le 8 décembre à un précédent texte réclamant un « cessez-le-feu humanitaire » dans la bande de Gaza, pilonnée par les forces israéliennes en représailles à l’attaque du Hamas le 7 octobre.
« La diplomatie prend du temps », a commenté mercredi l’ambassadrice des Emirats à l’ONU Lana Zaki Nusseibeh, notant que les négociations impliquaient, « au plus haut niveau, les capitales ayant du poids » dans ce dossier.
Espérant un résultat « positif » de ces négociations pour sortir de l’impasse, elle a assuré que même dans le cas contraire, « il y aura un vote ».
Depuis le début de la guerre à Gaza, le Conseil n’a réussi qu’une seule fois à sortir du silence, avec la résolution du 15 novembre appelant à des « pauses humanitaires ».
Il a rejeté cinq autres textes en deux mois, dont deux en raison de vétos américains, le dernier le 8 décembre.
Les Etats-Unis avaient alors bloqué, malgré la pression inédite du secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres, l’appel à un « cessez-le-feu humanitaire ».
Une possibilité que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a lui aussi exclue mercredi à nouveau, « jusqu’à l’élimination » du Hamas.
Alors que la situation humanitaire catastrophique à Gaza ne cesse de se détériorer, la plupart des membres du Conseil semblent vouloir éviter un nouveau véto.
La référence à une « cessation urgente et durable des hostilités » a par exemple été supprimée, à la demande des Américains, selon des sources diplomatiques.

