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La Tunisie dévoile un projet de loi visant à criminaliser la normalisation avec Israël

Le projet de loi présenté jeudi définit la “normalisation” comme “la reconnaissance de l’entité sioniste ou l’établissement de liens directs ou indirects” avec elle, un crime qui serait qualifié de “haute trahison”.

Toute personne reconnue coupable du “crime de normalisation” encourt une peine de six à dix ans de prison et une amende de 3 140 à 31 402 dollars (10 000 à 100 000 dinars tunisiens), selon le texte. Les récidivistes seraient emprisonnés à vie.

“Il y a un accord total entre le président, le parlement et l’opinion publique sur cette question”, a déclaré le président du parlement, Brahim Bouderbala, au début de la session.

“Nous croyons fermement que la Palestine doit être libérée du fleuve à la mer et qu’un État palestinien doit être établi avec Jérusalem sainte comme capitale”, a-t-il ajouté.

Cette législation interdirait également toute interaction entre les Tunisiens et les Israéliens, y compris les “événements, manifestations, réunions, expositions et compétitions” dans tout contexte, qu’il soit “politique, économique, scientifique, culturel, artistique ou sportif” dans les territoires détenus ou occupés par Israël.

Rassemblement des Tunisiens en soutien aux Palestiniens

La législation a été élaborée et approuvée fin octobre par un groupe de législateurs soutenant le président Kais Saied, qui a modifié la constitution pour instaurer un régime ultraprésidentiel à la suite d’un coup d’État en 2021.

Au cours du mois dernier, des milliers de Tunisiens sont descendus dans la rue pour soutenir les Palestiniens de Gaza, qu’Israël pilonne depuis le 7 octobre.

Depuis, plus de 9 000 Palestiniens ont été tués, selon le ministère de la santé de Gaza, dont deux tiers sont des femmes et des enfants.

Le parlement tunisien actuel, qui a été élu à la fin de 2022, compte 160 députés.

Le pays compte une communauté juive d’environ un millier de personnes, dont la plupart vivent sur l’île de Djerba, dans le sud du pays.

Des milliers de personnes se rendent en pèlerinage à la synagogue El Ghriba, sur l’île, chaque année au mois de mai.

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