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Le patron de BFM aurait versé 7,7 millions d’euros à l’armée israélienne

7,7 millions d’euros

Selon une enquête publiée par Blast, Patrick Drahi et son épouse Lina Drahi, financent au moins 39 projets dans 5 pays sur 3 continents à travers leur fondation philanthropique, la Patrick & Lina Drahi Fondation.

Parmi ceux-ci, plusieurs projets prennent place en Israël: un musée de la médecine et des sciences à Hadera, le département pédiatrique et la maternité à l’hôpital d’Ashdod.

Mais le financement qui retient le plus l’attention est celui du Polynom. Il consiste en la construction d’un centre de bien-être destiné aux soldats de l’armée israélienne sur la base navale militaire d’Haïfa.

Blast a dévoilé un contrat daté du 7 novembre 2021, actant le financement du centre de bien-être pour les soldats israéliens, d’un montant de 7,7 millions d’euros.

“Cette base abrite des éléments importants tels que des sous-marins et des bateaux lance-missiles, entre autres navires. À mesure que la flotte et les opérations se développeront dans les années à venir, cette installation offrira également des hébergements fabuleux et des espaces de loisirs aux soldats” peut-on lire sur le site même de la Patrick & Lina Drahi Fondation.

Les 7,7 millions de dollars sont versés au Libi Fund, un fonds de collecte créé en 1980 qui se présente comme “le portail et le seul moyen par lequel des dons peuvent être faits directement aux soldats et aux unités de Tsahal”.

En échange, les Drahi peuvent choisir le nom du futur campus et visiter la base quand ils le souhaitent.

Exemption fiscale

Plus encore, l’utilisation du fond Libi ouvre la voie à des avantages fiscaux pour ses donateurs.

Le fond Libi qui organise des levées de fonds défiscalisées aux États-Unis et en Europe en soutien aux soldats israéliens, permet aux donateurs français de bénéficier d’une déduction fiscale de 66% ou 75%. Une manoeuvre qui s’explique par une instrumentalisation de l’article 200 du code général des impôts, lequel stipule que les dons à destination d’œuvres “sociales” ou “humanitaires” sont défiscalisables.

Or, interrogé par Blast, le ministère de l’Économie aurait répondu qu’ “une force armée étrangère n’entre manifestement pas dans ces catégories”.

De la même manière en Suisse, toutes les personnes morales « qui poursuivent des buts de service public ou de pure utilité publique » – la Fondation Drahi étant installée dans le Valais, en Suisse-, bénéficient “au titre de l’article 79 de la loi fiscale du canton” d’une exemption d’impôt.

Interrogé par Blast quant à la qualification du soutien financier au bien-être des membres de Tsahal en tant qu’utilité publique, l’administration du canton a préféré se “retrancher derrière le secret fiscal”. Elle a, toutefois, précisé que “des contrôles ponctuels sont effectués afin de vérifier que les institutions qui ont été exonérées en remplissent encore les conditions” et que “si tel n’est plus le cas, l’exonération est supprimée, la possibilité de procéder à un rappel d’impôt étant réservée”.

La proximité de Patrick Drahi avec le gouvernement israélien avait déjà été mise en cause concernant la couverture du conflit israélo-palestinien par BFM, jugée trop favorable à Israël par certains membres de la rédaction au sein même de la chaîne.

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