CONTRIBUTION

Quelle Urgence pour un Nouveau Projet de Dessalement ? Par Abdoulaye Seck

En 2016 déjà les techniciens et autres cabinets avaient finalisé les premiers documents ( MOU et Etudes d’impacts) pour le projet de l’usine de dessalement de l’eau de mer des Mamelles pour un coût global de 109 738 361 000 F Cfa et sur une superficie de 4.96 ha.
A cet effet le projet global a prévu les ouvrages suivants :
• Conduites sous marins d’eau de mer et de rejet
• Station de pompage d’eau de mer
• Conduites de transmission d’eau de mer
• Usine de dessalement d’eau de mer par la technique d’osmose inverse (OI)
• Station de pompage et de transmission d’eau traitée
• Conduites de transmission d’eau traitée
• Aménagement du site
Ce projet constitue un des trois ouvrages de production d’eau potable proposés par une étude réalisée entre 2009 et 2011 portant sur « le Plan Directeur d’Hydraulique Urbaine 2011 » pour anticiper sur la demande future en eau et un scenario de renforcement des ressources en eau. Ainsi, ce projet devait se réaliser sur une période cinq (05) ans dans sa première phase pour permettre une production additionnelle d’eau potable 50 000m3/jour en 2021 et 100 000 m3/jour dans sa deuxième phase à partir de 2030.
C’est finalement le 31 mai 2022 soit un an après la date prévue pour le début de la production que les travaux de l’usine furent lancés pour un nouveau coût global de 158 milliards de francs Cfa financé à travers un prêt concessionnel de la coopération japonaise pour un montant de 137 milliards de francs Cfa et une contrepartie de l’Etat du Sénégal et de la Sones respectivement de 20 milliards et de 1.5 milliards de francs Cfa.
L’urgence pour notre pays est donc de faire la lumière sur ce projet qui en plus d’un retard de 7 ans a engendré des surcoûts et une hausse vertigineuse des dépenses de fonctionnement principalement des voyages d’études, des missions de benchmark, des honoraires de cabinet étrangères et des acquisitions de véhicules.
Ainsi, il est donc utopique ou même impensable d’entamer une nouvelle aventure en dessalement quatre fois plus couteux et plus complexe sans que le premier projet pilote ne soit finalisé dans toute ses phases. En d’autres termes aucun investissement en dessalement ne saurait s’expliquer d’ici à 2033 voire 2035 c’est à dire avant la capitalisation effective du projet pilote.
Ce projet d’ usine de dessalement de la Grande Côte d’un coût de 459 milliards de francs Cfa signé avec la Société Saoudienne Acwa Power en violation flagrante de toutes les procédures régissant les PPP, le fonctionnement des conseils d’administration et les marchés publics au Sénégal et dans la Zone UEMOA ne profite qu’aux intermédiaires et autres apporteurs d’affaires à toutes les hiérarchies de l’Etat qui vont récupérer leurs commissions juste après les signatures. Ces gens dépourvus de toute fibre patriotique et de considération pour leurs concitoyens nous laissent des remboursements de 45 milliards par an pendant 30 ans.
Je profite de cette occasion pour lancer un appel aux nouvelles autorités afin que ce projet de dessalement des Mamelles et toutes les autres composantes du projet global soient audités et qu’un organe de suivi –évaluation soit mis en place pour la finalisation de tous ces investissements au grand bénéfice des populations cibles. Dans le même sillage le nouveau projet de la Grande côte soit automatiquement arrêté puisqu’étant ni prioritaire ni nécessaire sur les 10 prochaines années. Ce qui soulagerait nos finances et donnerait d’autres opportunités d’investissement sur les secteurs prioritaires de la formation, de la lutte contre les inondations, de la réduction des prix des denrées de premières nécessités , de l’industrialisation etc…
Abdoulaye SECK
DESS en Finance, banque et Gestion des Risques à Paris 13
Formateur en Marchés des capitaux, en Décisions d’Investissement et en Gestion et Management de projets
Ancien Conseiller technique à la Cellule des grands projets de la Présidence de la République
Mail laillesec@yahoo.fr

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