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Qu’on en finisse avec le panoptisme d’État au Sénégal !

Encore Amadou Bâ (de Pastef) : Qu’on en finisse avec le panoptisme d’État au Sénégal !

Le Sénégal est-il devenu un Panopticon, par l’acceptation de la déviance aux normes institutionnelles, et l’instauration de règles iniques, par la mise en application d’un appareil de contrôle, d’un État policier ? Dans un système panoptique, le fameux maître des poursuites peut épier tous les citoyens qu’il a sous ses ordres, il pourra les juger continûment, charger leur dossier, mentir, manipuler l’opinion et lui-même, à son tour, pourra facilement être surveillé par un autre adepte du Panopticon. Dans le panoptisme d’État, on ne cherche pas des preuves, on les invente. Le « suspect » est d’abord arrêté et puis on ne procède pas à la charge de la preuve mais à la preuve de la charge. Pour le cas de Amadou Bâ, ne soyez point surpris d’une preuve absurde de la charge.

Avec le panoptisme, Michel Foucault nous fait comprendre que sous prétexte de lutter contre un « mal », « le pouvoir se dresse ; il se rend partout présent et visible, il invente les rouages nouveaux ; il cloisonne, il immobilise, il quadrille. Ce qui bouge porte la mort et on tue ce qui bouge ». Le mécanisme de fonctionnement du pouvoir actuel au Sénégal peut ressembler à ce genre de panoptisme où la normalisation de la déviance consiste à tirer sur tout ce qui résiste, tout ce qui bouge. Le système judiciaire, par un fâcheux concours de circonstances, fonctionne comme une machine panoptique et dégénère en tyrannie. Vers le 18 ème siècle, souvent, pour lutter contre une épidémie, le schéma panoptique était destiné à se diffuser dans le corps social ; il a pour vocation d’y devenir une fonction généralisée. La ville pestiférée donnait un modèle disciplinaire exceptionnel et la vie y est réduite à son expression la plus simple. Le pouvoir d’aujourd’hui au Sénégal, à l’image des villes panoptiques, doit porter sur tout : la poussière des évènements, (un emoji non apprécié), des manifestations (créer le désordre par la dissolution d’un rassemblement apaisé sous prétexte d’un maintien de l’ordre) , des conduites, des opinions (cas de Amadou Bâ et de Bassirou Diomaye Faye), des choses de peu ( maintien rek), un jugement non apprécié ( un juge auditionné pour avoir rendu un verdict).

Qu’on en finisse avec le panoptisme d’État !
Basta !

Dr El Hadji Séga GUEYE

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