La situation se tend en Espagne avec l’arrivée de nombreux mineurs non accompagnés via les Canaries, l’uune des principales routes migratoires d’Afrique vers l’Europe. L’archipel, qui peut accueillir 2 000 mineurs, en abrite aujourd’hui 5 600. En urgence, le gouvernement socialiste cherche à placer 400 de ces mineurs dans différentes régions d’Espagne péninsulaire.

C’est un véritable marchandage auquel on assiste, sur fond de grandes tensions politiques. Finalement, après des jours d’hésitations, les conservateurs du Parti populaire (PP) espagnol ont accepté un accord visant à répartir 400 Africains de moins de 18 ans entrés illégalement par embarcations de fortune aux îles Canaries. La droite classique a finalement cédé : ces mineurs seront accueillis dans des centres situés dans des régions où elle a le pouvoir, rapporte notre correspondant à Madrid, François Musseau.

Le leader du PP Alberto Núñez Feijóo a accédé à l’exigence des socialistes au pouvoir, mais en accusant ces derniers de ne pas avoir de politique migratoire cohérente. La droite classique est sous pression, car l’extrême droite de Vox estime que l’accueil de ces jeunes migrants est inacceptable et qu’il faut les renvoyer dans leur pays d’origine.

De nombreuses protestations
En signe de protestation, l’extrême droite menace de quitter les gouvernements dirigés en coalition avec la droite modérée, à Valence, Murcie, en Aragon, en Castilla Leon et en Estrémadure. Plus que jamais, l’accueil et la répartition de ces jeunes migrants sont devenus une arme politique pour tenter d’affaiblir l’adversaire.

Ces dernières années, de nombreuses manifestations ont été organisées dans les Canaries à ce sujet. Samedi 6 juillet, plusieurs centaines de personnes y ont manifesté pour protester contre l’immigration clandestine dans cet archipel espagnol qui a accueilli 19 257 migrants sur ses côtes depuis le début de l’année. Avec des pancartes « Défendons nos quartiers » ou « Stop à l’immigration illégale », les manifestations ont eu lieu dans des villes comme Las Palmas et Santa Cruz de Tenerife, et ont rassemblé plusieurs centaines de personnes dans cet archipel situé dans l’océan Atlantique, au large des côtes de l’Afrique du Nord-Ouest, selon la presse locale.

Plusieurs avocats avaient demandé au ministère public d’interdire ces manifestations au motif qu’elles pourraient constituer un crime de haine. Cette demande n’a toutefois pas été suivie d’effet, selon les médias locaux.

Avec Exclusif

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