L’imam Babacar Ngom, dirigeant dimanche la prière de l’Aïd al-Adha ou Tabaski au terrain “Tound-Wi”, à Thiès (ouest), a insisté dans son sermon sur l’importance de la justice dans le développement économique, social et politique, à travers l’instauration d’un climat de paix.

“C’est par la paix que les gens pourront pratiquer leur religion, mais aussi gagner leur vie en toute paix et en toute sécurité”, a dit l’imam, après avoir dirigé la traditionnelle prière des deux ”rakaas”.

Une partie de la communauté musulmane sénégalaise a célébré dimanche la fête de la Tabaski, la grande majorité des fidèles ayant décidé de commémorer l’Aïd-el-Adha lundi 17 juin, conformément aux recommandations de la commission nationale de concertation du croissant lunaire.

L’imam Babacar Ngom a cité, dans son sermon, le savant Ibn Taymiyya, selon lequel Dieu peut soutenir un Etat même mécréant par le simple fait qu’il pratique la justice, de même le Seigneur ne soutient pas un Etat même musulman, s’il n’instaure pas la justice.

Dans plusieurs passages du Coran, relève-t-il, Allah recommande la justice, que ce soit dans la parole, les actes ou le témoignage, même si le témoignage en question peut être défavorable à celui qui le fait ou à un de ses proches.

Ce témoignage doit être juste, qu’il concerne un riche ou un pauvre, note le religieux, en s’appuyant sur des textes coraniques.
“Que l’aversion que vous avez pour des gens ne vous empêche pas d’être justes envers eux, soyez justes, cela est plus proche de la piété”, recommande le Livre saint des musulmans.

La justice et l’équité sont aussi exigées du juge ou du dépositaire d’une quelconque confiance, dans un pacte ou un acte.

La justice consistant à donner à chacun ce qu’il mérite, l’adoration exclusive du Seigneur de l’Univers est “le sommet de la justice”, tout comme, dit-il, l’associationnisme et l’idolâtrie relèvent de la plus grande injustice.

C’est grâce à l’application de la justice que les personnes et les biens sont protégés, pour que nul ne s’empare indument de la propriété d’autrui, que nul ne tue son prochain sans raison, a fait valoir l’imam Babacar Ngom.

Il note que c’est dans ce sens que l’islam a instauré la loi du Talion, qui prévoit que soit mis fin à la vie de toute personne qui se sera rendu coupable, de façon délibérée, de meurtre, en usant du même moyen que l’auteur du crime.

“La vie de celui qui a tué ne vaut pas mieux que celle de la personne qu’il a tué”, a lancé.

Par souci de justice et d’équité aussi, l’islam a érigé la capacité à traiter équitablement ses épouses comme condition sine qua non de la polygamie. Quiconque craint de ne pas être équitable doit se contenter d’une seule épouse, rappelle l’imam Ngom.

Cette équité est même exigée des parents dans le traitement de leurs enfants issue d’une même fratrie, poursuit-il, invoquant l’anecdote d’un Médinois venu demander au Prophète (PSL) de témoigner du don qu’il comptait faire au profit de l’un de ses fils.

Le Prophète lui avait indiqué qu’il n’en témoignerait pas tant que ce dernier n’avait pas fait un don similaire à tous ses enfants.

“Craignez Allah et traitez équitablement vos enfants”, lui avait recommandé à cette occasion, le messager de Dieu, raconte-t-il.

La justice est aussi prévue dans les relations de travail entre employé et employeur, et l’islam interdit toute relation entre deux parties, qui n’est bénéfique que dans un sens, a dit le prêcheur.

Même dans la guerre, il est interdit de tuer les femmes et les enfants, a-t-il dit.

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