D’après un reportage de France 24, la première manifestation de soutien aux Palestiniens prévue à Dakar le samedi 22 octobre a été interdite par le préfet « pour non respect des délais » de déclaration. Cette décision a alimenté les critiques d’une partie de l’opinion sénégalaise jugeant la position du pays « trop molle » dans ce conflit, alors que le Sénégal a historiquement défendu la cause palestinienne.
Mansour Ndiaye, militant pro-palestinien et membre de l’Alliance nationale pour la cause Palestinienne du Sénégal qui organisait l’événement, déplore cette annulation de dernière minute alors que « toutes les dispositions nécessaires » avaient été prises pour informer les autorités. « On ne va pas braver l’interdiction, mais on ira déposer une autre demande de manifestation pour le 4 novembre », dit-il.
Certains estiment que la diplomatie sénégalaise adopte une position de plus en plus « mitigée » et « neutre » qui ne reflète pas le soutien populaire aux Palestiniens. Cependant, Yoro Dia, ministre chargé de la Communication, rappelle que le Sénégal défend les Palestiniens à l’ONU depuis 40 ans et a toujours entretenu de bonnes relations avec les deux parties.
Pour Bakary Sambe, chercheur et directeur du Timbuktu Institute, « le langage diplomatique du Sénégal est devenu mesuré » en suivant « les variations dans le monde arabe » à l’égard d’Israël, notamment chez des alliés comme l’Arabie Saoudite et le Maroc. Tout en maintenant des « principes qui n’ont pas changé », le Sénégal chercherait à « pouvoir parler à tous » dans ce conflit.
Alors que les combats se poursuivent à Gaza, la position modérée défendue par Dakar sur la scène internationale continue de faire débat en son sein.


Avec seneplus